[Lycan] Thalie

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Dim 20 Sep 2015 - 0:01



Thalie Melinid





Informations générales

Prénom : Thalie
Nom : Melinid
Race : Lycan
Sexe : Femelle
Âge : 2100 ans
Rang : Ancienne esclave
Métier : Catin
Préférences sexuelles : Bisexuelle [H: forme lupine-humaine F: forme humaine]



Physique

Taille : 1m77 // 1m90 [sous forme Lycane]
Poids : 60 kg // 110 kgs [Sous forme Lycane]
Couleur des yeux : Perle
Couleur des cheveux : Blancs

Description : Connaissez-vous l’histoire de l’indomptable, la somptueuse Thalie ? Connaissez-vous seulement Thalie ? Non ? He bien je vais vous raconter son histoire. Commençons par les présentations.

Thalie était cette créature que l’on croisait et dont on avait l’impression qu’elle était issue d’un milieu royal. Un port altier, un regard hautain, une chevelure superbe tissée de fins fils aux couleurs de l’Obsidienne. Ses yeux de jade faisaient jaser. « Pour une lycane » disait même certains vampires « Elle est tout de même belle. » On eût dit que la Nature s’était posée en artiste de génie au-dessus de son berceau. Mais c’était sans compter sur son frère le destin.

Thalie se croyait ainsi bien au-dessus de tout le monde. Elle aurait aimé détrôner l’Alpha et s’était promis qu’un jour elle régnerait sur les lycans. Elle en avait envie. Mieux, elle en rêvait. Et Thalie n’était pas femme à abandonner ses rêves. Dût-elle y mettre la moitié d’une vie, elle le ferait. Ne plus être celle qui rampe avec les autres. Tous les jours, on pouvait croiser la belle Thalie dans ses vêtements aux couleurs chatoyantes, drapés soyeux et riches, un peu partout où il y avait du beau monde. Parfois elle traînait avec un air lascif sur le visage dans quelques recoins fréquentés. Plus on pouvait la remarquer, plus elle était heureux et brillait de mille feu. La reconnaissance des autres faisait sa force.

Seulement à trop y croire, à trop se mirer, le paon fini par perdre de sa superbe.
Et c’est ce qui arriva à Thalie.

Du jour au lendemain, la belle femme à la chevelure de jais et aux yeux de jade disparu. On ne la vit plus jamais. Ni au détour d’une échoppe, ni-même dans les recoins peuplés. On y alla des ragots « Peut-être est-elle en train d’essayer de devenir Alpha » « Peut-être est-elle morte. Tuée par quelque jalouse. » « Peut-être… » Peut-être…
Lorsqu’elle reparut, personne ne la reconnut. La belle Thalie était devenue Thalie l’oubliée. Le fantôme.

Avec sa chevelure devenue blanche, ses yeux grisâtres, sa peau terne. Personne n’aurait pu voir en cette ruine de femme l’ancienne Thalie. Elle qui avait en tout temps enfilés des robes plus somptueuses les unes que les autres, la voilà qui se promenait, errant plutôt, hagard, aveugle, en guenille grisâtre. Son teint semblait avoir oublié la notion même de brillance et ses ongles étaient cassés, abîmés. Elle ressemblait à un tas de chiffon laissé trop longtemps dans un coin. Les gens étaient choqués. « Que lui est-il arrivé ? » On profitait de sa faiblesse nouvelle, ses anciennes rivales lui jetaient la pierre et elle finit par se donner aux hommes dont elle n’avait pas voulu par le passé.

Ainsi Thalie était une ombre. Sa peau ne prendra plus jamais de jolies teintes, gardant ce blanc maladif, ce teint grisâtre. Ses yeux aveugles ont la couleur des cendres baignés de lune, tandis que ses lèvres ont oubliés le carmin dont elles étaient revêtues. Qu’a-t-on bien pu faire subir à la Thalie d’autrefois pour voir sa chevelure ébène devenir ainsi, aussi blanche que la neige à l’extérieur ? Qu’a-t-on pu lui faire subir…Son corps qui avant, avait le port altier de quelque reine méconnue, était aujourd’hui famélique et anguleux. Osseux par endroit, faisant ressortir un cou qu’elle avait toujours eu trop long. Son petit nez rond, ses pommettes saillantes, ses joues creuses. Comme une affamée. La poitrine qu’elle portait fièrement a fondu avec le reste, offrant au tout une image bien différente de l’amazone qu’elle avait pu être un jour. Aujourd’hui, plus personne ne se retourne sur son passage, si ce n’est pour siffler des jambes qu’elle a su gardée longues et galbées. Alors pour s’offrir un semblant d’amour, elle s’offre pour quelques pièces.

Mental

Trois qualités : Professionnelle, Tendre, Cultivée
Trois défauts : Brisée, Susceptible, fière

Description : Détruire une créature au point de la voir sombrer plus bas que terre. Au point de lui ôter jusqu’à l’envie de mourir. Thalie s’est contentée de disparaître.

Pourtant hautaine et arrogante de naissance, Thalie aujourd’hui se terre. Elle est une ombre, un courant d’air. A tel point que certains l’oublient purement et simplement. On a beau essayer de se souvenir de ses traits, personne n’est capable de vous la décrire. On parlera de la louve blanche. C’est là l’apparence dont on est certain. Elle évite ainsi soigneusement tout lieu bondé, toute échoppe trop fréquentée. Lorsqu’elle se déplace, c’est sous sa forme lycane, son odorat étant meilleur que sous sa forme humaine. C’est donc plus aisé, elle qui est aveugle.
Au départ, ce fut compliqué. Sa fierté n’était plus rien, son amour-propre avait été piétiné. Elle n’était qu’une loque. Une enveloppe sans âme, un corps sans amour. Elle se laisse facilement entrainée dans une ruelle, derrière une maison, dans une alcôve rocheuse. Dans ces moments, elle se laissera prendre sans un bruit, sans même demander une rémunération. Mais dans ces moments, vous aurez l’impression de coucher avec un cadavre. La froideur de sa peau, le vide de ses yeux regardant au loin. Vous la quitterez sans même lui demander son nom, qu’elle ne vous donnera de toute manière pas.

Car Thalie n’est plus que le fantôme qu’on veut bien qu’elle soit.

Pourtant Thalie c’était la fierté, la beauté, l’arrogance et l’éducation. Elle faisait partie des créatures racées, celles qui ont la tête haute et se pavanent plus qu’elle ne marche, se targuent d’être de sang noble, se montrent parfois incorrect avec les plus pauvres. C’était cette femelle qui fascinait par sa perspicacité, sa vivacité d’esprit et son humour parfois cinglant. Thalie c’était les éclats de rire, les danses effrénées. Elle aimait s’afficher aux bras de mâles plus jeunes et bien bâtis. Puissants et fiers. Mais qu’est-elle devenue cette Thalie ?

Cette Thalie que vous avez connue est morte. Envolée. A s’être faite violée plusieurs fois et de manière sincèrement dégradante dans la plupart des cas, elle a perdu toute la superbe qu’elle affichait jadis. Se vautrant dans le stupre pour quelques pièces grappillées. Quel avenir y-a-t-il pour une créature salie par la race ennemie ? Aucun. Peut-être qu’elle manque simplement de courage. « Thalie, vous savez, il y a des gens bien moins chanceux que vous. Et regardez. Aujourd’hui, ils ont la tête haute » « Pourquoi me parlez d’eux. Je suis moi. Je mourrai comme je suis en train de vivre, dans le silence et la douleur » On ne peut essayer de faire boire de l’eau à un ivrogne persuadé que s’il le fait, il se mettra à rouiller. Certains essayaient pourtant de lui faire sortir la tête de l’eau. « Reviens-nous » Mais c’était trop tard selon elle. Vous ne la reverrez jamais rire à pleurer, danser à s’esquinter les pattes. Peut-être qu’un jour…mais pour le moment, elle-même refuse d’y croire. Lorsqu’elle rit, c’est pour plaire. Elle le fait à contrecœur, bien qu’à force l’illusion soit parfaite.

Illusionniste celui ou celle parvenant à faire croire quelque chose…même de fou.

Thalie peinait à se faire un nom de le métier. Qui aurait voulu d’une prostituée, aussi jolie put elle être selon certains critères, qui ne sourit ni ne fait montre d’un peu d’entrain à la tâche des fausses amours ? Personne. Qui voudrait d’une créature aveugle ? Peu de monde. Mais à force, à force de se laisser prendre, de se laisser aimer, mimer les autres ses collègues d’infortunes, Thalie a appris. Il faut sourire, rire pour celui qui cherche une compagne. Gémir, charmer, se faire chatte bien que louve, pour celui qui cherche une amante. Thalie fut est devenue et peut être celle que vous voudrez qu’elle soit. Sans nul besoin de parler, elle a le geste sûr, l’oreille tendue, ses paumes devinent votre puissance, son nez dessine votre aura et ses oreilles caressent vos espoirs. La plupart des gens qui osent s’approcher de cette étrange catin en ressortent changés ou tout du moins heureux d’avoir trouvé quelqu’un les comprenant. Et c’est pour cela que probablement personne à ce jour n’a deviné qui était réellement Thalie. Même ses anciens amis ne la reconnaissent pas lorsqu’elles passent dans les rues, lorsqu’elles frôlent de son odeur délicate les autres créatures. Devra-t-on remercier le vampyr l’ayant détruite ?

Thalie, pourtant, on ne saurait, ne pourrait, n’aurait le droit de la qualifier de faible créature. Peut-être est-elle détruite. Peut-être bien, oui, qu’elle s’est faite attrapée par un Vampyr. Un autre lycan aurait probablement fait autrement. Il serait parvenu à se libérer, aurait préféré mourir que de rester entre les crocs de cette créature tant haïe. Mais Thalie, elle, en est sortie. Et elle pourrait se laisser mourir au lieu de quoi elle essaie de survivre. Car c’est bien vrai. Elle ne vit plus, elle survit. Et malgré son handicap, Thalie, elle avance. Elle essaie, morceau après morceau, même si parfois tout ce qu’elle récolte sont des miettes, de recoller sa vie. Elle sait pertinemment qu’elle ne parviendra pas à atteindre le sommet, là où elle était, mais espère pouvoir un jour réapprendre à vivre pour ne plus survivre…

La dernière chose, la petite chose qui paraît sans importance car personne ne saurait avoir peur d’elle, ne mettez pas Thalie en colère. Elle n’est pas physiquement la plus forte, mais les coups durs ont renforcés quelque chose qui est la faiblesse de beaucoup. Thalie n’a pas peur de la mort. Et les gens qui ne sont pas effrayés par leur propre fin, n’hésiteraient pas à en mettre une à la vie des autres.




Mon histoire

Savoir qu’il y a un avant est bien plus difficile que de penser qu’il pourrait ne pas y avoir d’après. Lorsque Thalie ouvre les yeux c’est pour ne pas voir la lumière. Elle ne la verra plus jamais, mais cela ne l’empêche pas de vivre. Bien des fois elle a pensé se laisser mourir quelque part. Mais elle s’y refuse finalement. Pourquoi ? Allez savoir. Certains parleront de lâchetés, d’autres de vengeances. Le désir ardent de faire payer le vampyr qui lui a fait ça. Et si nous essayions de comprendre Thalie avant d’essayer de voir à sa place ?

« Que désirez-vous savoir ? »

La voix est enrouée, légèrement, douce et calme. Elle semble plus être un chuchotis qu’autre chose, comme si elle n’était plus habituée à le faire, comme si on ne lui demandait plus rien que de gémir et crier…La fatigue se lit sur ses traits pourtant encore jeune. Ses doigts fins passent et repassent sur le pourtour de faïence d’une tasse de thé qu’elle ne boit pas.

« Comment étaient mes parents ? »

Ses yeux vides et clairs bougent de gauche à droite, tandis que la lycane tente de s’accrocher à un souvenir. Cela fait longtemps que ses parents sont morts.

« Ils sont tous deux décédés il y a de cela bien longtemps. Avant même je pense que vous ne soyez né. Ils n’étaient pas mauvais. Peut-être qu’ils n’étaient pas les meilleurs, mais je sais pertinemment qu’il y avait pire qu’eux en matière de géniteurs. Ma mère était une belle femme. Vraiment très belle. Sa chevelure avait l’obsidienne de mes nuits tandis que ses yeux, le vert profond de mes printemps sur terre. Mon père, lui, était un homme de goût à l’apparence très honnête d’un bellâtre agréable mais puissant. Ils avaient tous deux une richesse importante et j’ai grandi dans le luxe d’un repaire sécurisé. Je ne saurais vous dire exactement si j’ai été une enfant heureuse. Ce que je puis affirmer, c’est de ne pas avoir été malheureuse. Du moins pas de leurs vivants. »

Vous la regardez cette créature qui prend des pauses lorsqu’elle parle, comme si ce que vous lui demandiez était en train de la vider de ses forces. Les gestes sur la tasse se sont arrêtés.

« Je n’étais pas une enfant facile pourtant. Gâtée, je n’avais d’yeux que pour moi et ma petite personne. Je me pensais importante, en avait réellement l’impression, car personne autour de moi ne semblait prêt à me dire que j’étais aussi signifiante que mes pairs, qu’une vie n’en valait une autre et que la mienne, bien que fort agréable, n’avait rien de parfaite. Et avec le recul, je me demande si…si quelqu’un s’était arrêté pour me dire cela, est-ce que je l’aurais écouté ? Bien sûr que non. Évidemment que non. Je n’écoutais jamais personne si cette dernière n’était pas en train de me parler de moi ou de me complimenter. Je vous l’ai dit. Une enfant affreusement pourrie par des parents probablement trop aimants. »

La tasse vacille lorsqu’elle la porte à ses lèvres, grimaçant en sentant la mixture froide et amère.

« …Mais peut-on reprocher aux parents d’être aimants ? Je ne pense pas. Je ne crois pas. Peut-être que je devrais leur en vouloir de m’avoir faite si fière et arrogante. Vous allez probablement dire qu’ils n’y sont pour rien. C’est peut-être vrai…pour moi cela dit, ils ont une grande part de responsabilité dans ce que j’étais devenue. »

Lorsque ses yeux semblent se poser sur vous sans le faire réellement, vous ne pouvez vous empêcher d’avoir un frisson. Ce n’est pas du dégoût, mais avouons qu’un regard vide couvert d’une sorte de filtre opaque à de quoi déranger.

« Pourtant, je n’étais pas une méchante enfant. J’obéissais à mes parents, je faisais mes tâches quotidiennes. C’est vers l’adolescence que c’est allé trop loin. J’avais des prétendants, des prétendantes. Partout on parlait de la fille des Melinid comme d’une beauté naissante, qui allait probablement surclasser sa mère. Vous allez dire que je me vante, mais je vous assure. Avant j’étais belle. Vraiment belle. Je portais avec fierté les traits de ma mère plus que ceux de mon père et je n’avais pas peur de le dire, que j’étais belle. Les gens venaient me parler uniquement pour me regarder et je passais des heures à me mirer et me faire belles, laissant de côté les tâches que j’accomplissais sans rechigner avant. J’étais passé d’enfant gâtée à adolescente détestable en si peu de temps. »

Lorsqu’elle dit le mot « belle » on peut deviner la souffrance derrière. Elle était belle. Elle ne l’est plus. Ne le sera peut-être plus jamais. Sa tasse fait un cliquetis de vaisselle en se posant sur la petite table de bois taillé.

« J’étais détestable. Une belle femme affreusement détestable. Pour tout vous dire, moi-même j’aurais eu de la peine à me supporter. Je pense que je n’avais pas beaucoup de vrais amis. Des amants, des amours, bien que fausses, mais pas d’amis. Qui voudrait d’une vantarde en guise de compagne ? Personne. Ne dites pas que vous me trouvez sévère envers moi-même. Vous savez pertinemment que lorsque quelqu’un parle de sa beauté comme quelque chose d’extraordinaire, cela le rend fatalement détestable. Et je l’étais…
Je n’avais de considération pour personne, je vivais auprès de mes parents comme un dût. Ils devaient m’aimer et m’offrir tout ce qu’ils pouvaient, lorsqu’ils ne le pouvaient pas je leur rappelais la chance qu’ils avaient d’avoir une jeune femme aussi belle pour enfant. Qu’ils ne devaient pas l’oublier, me considérer comme un cadeau de dieu. « Sur terre, les gens m’aduleraient » sur terre. Je n’y étais jamais allé et pourtant, je savais déjà, ou désirais ardemment, qu’ils m’aiment. Tous ces humains qui ne valent rien. Mais si j’avais pu avoir la considération que je ne donnais à personne, même de la pire espèce qui soit, alors j’étais fière et importante. Et c’était ce que je désirais le plus. Être importante. »

A se tenir ainsi, toute droite dans son siège, Thalie ressemble à de la faïence. Sa peau brille d’un léger voile, ses traits sont fins. Il reste de la beauté en elle et peut-être l’est-elle plus qu’avant, car elle n’a pas la prétention de le mettre constamment sur la table comme elle l’aurait fait par le passé.

« J’avais ce désir en moi, de prendre la place de l’Alpha dans la meute des lycans. D’être à la tête de tout ce monde, de devenir la femelle préférée, celle que l’on regarde, que l’on craint. Mais regardez-moi. REGARDEZ-MOI ! Voyez où tout ça m’a menée… »

Un sursaut lorsque sa voix s’est brisée en montant. Ses doigts transparents se glissent dans sa chevelure qu’elle détache d’un geste rude.

« Regardez-moi…si je n’avais pas eu la prétention d’essayer de devenir celle que je ne serai jamais, je n’en serais probablement pas là aujourd’hui…non. Je serais restée cette femme à la superbe chevelure de jais. »

Vous la voyez qui caresse ses cheveux blancs d’une main tremblante. On sent qu’elle aimerait qu’ils le soient encore.

« Mon ambition, mon caractère, le fait que je sois tout sauf modeste m’a conduite à ma propre perte. Je refusais de voir les autres comme autres choses que de simples créatures que la nature a faite inférieure à moi. Je refusais même d’entendre parler de l’alpha, me ventant partout de l’avoir soumis. Alors que je ne l’avais jamais vu. Au grand jamais. Je ne prenais pas part aux activités sauf lorsqu’elles me mettaient en avant et je manipulais à qui mieux mieux pour obtenir ce que je désirais, la place d’alpha. Ou au moins, de devenir sa femelle. Vous me direz « Si tu ne l’as jamais vu… » je ne l’avais jamais vu. Il aurait pu être laid à faire pleurer que j’aurais accepté de me faire prendre tant que cela me donnait une toute puissance. C’est cette ambition, ce caractère, ce manque de respect pour autrui qui a fini par tuer mes parents. Lorsque je sortais sans dire où j’allais, chaque fois que je les descendais alors qu’ils ne le méritaient pas, chaque fois que je rentrais avec un nouveau prétendant riche et plus âgé que moi, ils dépérissaient. Comment une fille aussi jeune et belle peut-elle être aussi cruelle. Évidemment, ils avaient pensé faire un second enfant. On le leur avait conseillé. « Elle changera, si vous lui offrez un frère ou une sœur. Elle n’aura pas le choix. » Ma mère avait peur que cela n’empire. Que je fasse des crises de ne plus être la seule, que je ne tue un ou une rivale potentielle. Alors qu’est-ce que j’ai fait ? Qu’est-ce que j’aurais fait ? Rien du tout. Car cet enfant n’est jamais venu. Maman était trop âgée pour faire un enfant, mon père trop fatigué et malade pour en garantir la survie. C’était déjà difficile de faire avec moi. »

Thalie se déteste. Si elle rêve de recouvrer son aspect physique d’autre fois, il n’en est pas de même pour son âme. Si elle aurait pu, elle l’aurait vendue. Ce cœur de pierre, cette aura d’enfant gâtée pourrie, cette jeune femme odieuse…

« J’aimerais tant ne pas avoir à vous parler de moi avant. Vous laissez uniquement un souvenir physique…et non psychologique…Car cette moi n’était plaisante que visuellement. L’intérieur, si vous aviez voulu l’ouvrir et y goûter, était immonde. Comme une belle pomme rouge qui s’avère remplie de vers… »

Le reniflement qui suit ce constat désolant est autrement plus dégoûté qu’elle parle d’elle-même.

« Enfin. Il vaudrait mieux que nous continuions, histoire de faire ça vite. Je n’ai pas pour habitude de parler autant de moi vous savez…

J’avais envie de devenir Alpha. Le désir même ardent de le devenir. Alors j’ai commencé à me renseigner. Lorsqu’on parlait du mâle, j’essayais de grappiller des informations, l’air de rien. J’ai fini par découvrir deux trois choses probablement fausses, maintenant que j’y réfléchis. J’ai été sotte d’y croire. Mais le lycan était beau et fort. Peut-être moins jeune que ceux que j’affectionnais alors, mais il avait quelque chose que j’avais aimé au premier regard. Je ne saurais vous dire aujourd’hui. Je le déteste bien trop pour oser imaginer que je l’aie aimé un jour.
Il s’est approché de moi, usant de son charisme et de stratagème « Je ne devrais pas vous le dire… » « Je ne suis pas certain que cela vous aiderait… » et le fait qu’il soit sans cesse sur la retenue avait fini par endormir le peu de vigilance déjà écrasé par mon assurance et mon ambition. Qu’aurais-je donc dû faire ? L’envoyer paître et retourner à ma petite vie que je ne trouvais pas encore assez importante ? C’était bien trop beau pour être vrai. Et j’aimais le beau avant la vérité. Alors j’ai suivis le soir où il m’a dit, après m’avoir offert sa tendresse et sa chaleur « C’est le moment. » Le moment de quitter les grottes et de rejoindre l’endroit où je devais normalement rencontrer l’alpha qui allait me prendre en charge. Je vous l’ai dit. J’étais sotte. Et je pensais vraiment être assez intéressante pour qu’un loup aussi important s’intéresse à moi. Vous pouvez rire si vous en avez envie. Moi-même, si j’en avais encore la force, je le ferais. »

Vous avez souri. Essayez de ne pas le faire, mais vous vous êtes rendu compte que quand bien même, elle ne le verrait pas.

« Vous savez, jusqu’au dernier moment j’y ai cru. Même lorsque nous sommes passé chez l’ennemi. Allez savoir pourquoi, je devais penser que c’était fait exprès. Pour se faire, nous avions pris nos formes lycanes. Et c’est là que je suis tombée en plein dans le piège tendu par celui en qui je croyais et un Vampyr qui allait devenir mon maître.

Avant, j’étais une louve fière au pelage sombre. C’est ce qui faisait mon charme, ce qui fait que le vampyr avait expressément demandé de m’avoir moi. Il voulait une créature sombre et c’est ce qu’il a eu. Encore aujourd’hui, je me demande qui était ce lycan réellement. S’il avait fait ça pour de l’argent. Pour des biens. Pour un quelconque pacte avec les Vampyrs ou est-ce que quelqu’un l’avait payé pour se débarrasser de moi. Encore aujourd’hui, je ne sais pas du tout pourquoi. Ce que je sais, c’est qu’à être aussi imprudente, j’ai frôlé la mort de près. Encore que…est-ce que ce que je fais là est vivre ? N’aurait-il pas mieux valu que le Vampyr en finisse avec moi ? »

Thalie s’est mise à trembler. Vous avez envie de la serrer contre vous, mais n’osez le faire, de peur qu’elle n’arrête de parler. Vous ne savez même plus pourquoi vous êtes venu la voir. Entendre cette histoire que les parents lycans utilisent aujourd’hui pour mettre en garde leurs enfants ? Peut-être faites-vous partie de ceux qui parlent souvent de « la dame blanche » le fantôme des grottes lycanes, la louve spectrale.

« C’est facile aujourd’hui, de dire « Si j’avais su » mais c’est inutile. On ne peut revenir en arrière.
Au départ, j’ai essayé de repousser mon maître. Je refusais l’idée d’être esclave, plus encore puisque celui que je devais nommer maître était un vampyr. Notre ennemi naturel. Mais il était bien plus fort. Plus je le repoussais, plus il me trouvait attirante. Et l’horreur devenait plus terrible encore les jours qui suivaient un refus de ma part.
Vous savez, il y a cette phrase que l’on dit souvent « Ce pourrait être pire » Et même lorsqu’on atteignait le « pire » ce n’était jamais assez… »

Sa voix se brise par moment, mais elle tente, malgré le reflux de souvenir dont elle se passerait bien mais qui continue pourtant de la hanter, de rester celle que vous avez rencontré en arrivant, cette femme forte malgré tout.

« J’ai souvenir que les premiers jours, il essayait de me domestiquer. Une main tendue, de la douceur, de belles paroles. Puis il essayait de me soudoyer en me promettant la liberté si je restais fidèle quelques temps. J’étais, selon lui, la compagne qu’il attendait. Je suis devenue la compagne indispensable, l’occupation par journée creuse. Il s’ennuyait, alors il venait me voir. Puis il se faisait parfois rude. Il ne me frappait pas encore, ne m’avait pas encore touché sexuelle, mais ses gestes étaient emprunts d’une violence à peine voilée. Puis il redevenait douceur, s’excusait pour des gestes retenus, mais tout de même rudes « Je ne veux pas que tu crois que je ne respecte pas. » Il me le disait si souvent que j’avais fini par penser qu’il y avait une forme de respect dans ses gestes. J’ai fini par accepter mon sort…

Je crois qu’il n’y avait rien à faire de plus. Je n’étais pas encore résignée. J’espérais. Et cet espoir qui s’amenuisait de jour en jour me permettait de continuer de manger avec appétit, d’essayer d’être de bonne compagnie avec le Vampyr. Mais malgré toute la douceur que je mettais dans mes gestes envers lui, il a fini par entrer un jour dans ma chambre et m’a prise de force. Il se fichait bien de ma forme au moment de la saillie, comme il disait. « Une bête reste une bête ». Les coïts étaient de plus en plus longs, de plus en plus brutaux. Il semblait ne jamais être rassasié et me travaillait au corps jusqu’à ce que je m’évanouisse de douleur, de peur. Il lui arrivait de m’étrangler au moment de la jouissance, à tel point qu’un jour j’ai eu un trou de plus de quarante-huit heures dans ce que j’avais fait. Et encore…il n’utilisait pas d’objets…ça viendra plus tard.

Lorsqu’il y avait des accalmies, je pensais que c’était parce qu’il voulait me laisser du répit. Mais en fait, c’était parce qu’il était trop occupé ailleurs. Pendant quelques jours, je pouvais dormir et espérer que ça s’arrangerait. Il m’arrivait encore d’essayer de mordre, griffer, mais les punitions étaient telles que je préférais bien vite ne plus refaire ça. Sa menace préférée était « Si tu continue de te rebeller, je te défigure » et pour une femme qui, comme moi, était si narcissique, je vous avoue que le visage était la seule zone qui devait restée intacte. Alors je suppliais, je faisais les choses les plus basses, les plus sales, pour qu’il se rende compte que j’étais une bonne esclave et qu’il renonce à me déformer.

Puis il n’y eu plus d’accalmie. Lorsqu’il partait, il me vendait à des amis à lui, me laissait chez l’un ou l’autre. Ils avaient le droit de faire ce qu’ils voulaient tant qu’ils ne m’amochaient pas. J’ai même été emmenée à des soirées d’orgies sans nom. Il y avait rarement d’autres lycans. A tel point que je cru être la seule dans ce cas. C’était faux, évidemment, mais à l’époque, je ne pouvais pas le savoir.

Et un jour, mon maître est revenu avec un nouveau lycan. Un mâle robuste dont la forme animale était imposant. J’aurais pu penser trouver un allié, mais en fait, dans son regard brillait quelque chose de malsain. J’ai alors bien vite compris qu’il était là parce qu’il le désirait. Quelle sorte de folie peu prendre un lycan pour vouloir devenir esclave d’une créature aussi odieuse que le vampyr ?
Et ce partenaire devint bien vite un véritable bourreau.
C’était là une nouvelle lubie du Vampyr. Il voulait nous voir nous battre puis voir le lycan me prendre de force. Je n’avais pas la force de lutter et la première fois j’ai vite laissé faire. Mais ce fut si douloureux que les autres jours mon corps se défendait de lui-même. Et la douleur n’était pas uniquement physique. Elle était devenue psychologique. Lorsqu’on vous envoie un espoir « Un allié » et qu’au final il s’avère qu’un membre de votre race, un frère, se mette à vous faire bien plus de mal que celui dont vous aviez peur…tout espoir brisé, j’étais devenue résignée.

Et on se dit qu’il y a pire n’est-ce pas ? Que se faire prendre par un autre lycan. Ou même une troupe de vampyr…il y a pire. Et je le sais.

Mon maître était quelqu’un de très créatif, pour mon plus grand malheur. Il semblait ne jamais se fatiguer et se réveillait avec des sursauts de génie. Alors il me réveillait en pleine nuit et m’emmenait dans une pièce de son manoir. C’était une pièce que je commençais à connaître par cœur. Il était arrivé bien des fois que j’entende des hurlements en échapper. Et dans cette pièce, croyez-moi, il se passait des choses indescriptibles. J’étais le cobaye d’expérience douloureuse. Il introduisait divers objets dans mon corps et attendait de voir une réaction. Il utilisait des appareils barbares que je n’avais jamais vu ici et que je soupçonne avoir été importé de la Terre. A force d’expérimentation, j’ai vu ma chevelure blanchir et ait fini par ne plus savoir marcher. Ne plus vouloir manger. J’avais envie de mourir. Mais mon maître refusait de voir son jouet se briser aussi facilement. Alors à l’aide d’un entonnoir, il me gavait jusqu’à ce que j’en aie des tremblements et des vomissements avant de me laisser nue, dans le froid d’une cellule. Je n’avais même plus la force de me transformer. Je crois que j’en étais arrivé à une telle fragilité mentale et physique que même pleurer me demandais beaucoup d’effort. Et je pourrais continuer ainsi encore longtemps… »

Vous sentez des sueurs froides dans votre dos, d’imaginer toutes les atrocités qu’a pu vivre Thalie.

« Vous comprenez alors pourquoi je suis ainsi ? Ma vue n’est que le résultat de ces tortures journalières. Lorsqu’on m’a trouvée, errante dans les forêts lycanes…je ne me souvenais plus du comment j’étais arrivé là. Je délirais totalement et même aujourd’hui…
Est-ce que j’ai trouvé la force de fuir ? Est-ce que quelqu’un m’y a aidé ? Est-ce que c’est mon maître qui m’a abandonnée ? Je ne voyais rien, je ressentais. J’entendais. Et le moindre son m’effrayait. J’avais envie de me rouler en boule et dormir…dormir… »

Une larme silencieuse roule sur sa joue, qu’elle chasse du bout de ses griffes blanches. Ses ongles sont si longs qu’on pourrait croire qu’elle les garde ainsi exprès. Se défendre si on revenait la chercher.

« Si j’ai peur qu’on me reprenne ? Non. Je crois que cette fois je saurais faire front. Et je mourrais plutôt que repartir avec qui que ce soit.

Lorsque je me suis éveillée, d’une sorte de coma, on m’a laissée repartir. Que vouliez vous que je fasse. Mes parents étaient décédés et je n’avais aucun plan de carrière. Je n’étais bonne à rien, pas même lettrée. Alors j’ai fini par me laisser violer une nouvelle fois. Puis des hommes ont commencés à me payer pour que je fasse certaines choses. Ce que je faisais. Sans talent, sans goût. J’ai compris que si j’avais envie de me faire de l’argent, il fallait que j’y mette du mien. Alors j’ai appris à faire convenablement avec l’aide d’une autre prostituée. Le fait que je sois aveugle semble ajouter un plus que certains clients apprécient…

Je pourrais essayer de faire autre chose. Mais je crois que les jouets cassés, on meilleur temps d’essayer de rester de bons jouets que d’essayer de se recycler. »

Vous faites tomber des pièces dans sa main et elle vous attire contre elle. Après tout, c’est pour ça que vous étiez venu vous aussi. Comme les autres.



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Expérience du RP :

La même que pour Dulcinea ♥
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Vous engagez-vous à respecter le règlement ?

Bien évidemment !
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Une remarque, une question, une suggestion ?

Non ~♥




© By A-Lice sur Never-Utopia
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Invité
Invité

Dim 18 Oct 2015 - 12:14
Voilà, j'annonce que j'ai enfin terminé ma fiche !!!! ♥ J'espère que c'est cohérent et que ça passera ♥
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avatar
Rang : Maître du Jeu
Messages : 392
Maître du Jeu
Erèbe

Dim 18 Oct 2015 - 17:30










Félicitations tu es validé !

Tu peux dès à présent faire ta demande de maître ou d'esclave, rechercher un RP ou déposer une demande d'habitation.
Les Trois Royaumes t'ouvrent leurs portes et nous te souhaitons une longue nuit de plaisirs, d'aventures et de débauches...
Bienvenue sur Erèbe !









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[Lycan] Thalie

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